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		<title>My Feed</title>
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			<description>&lt;p&gt;Communication de service : je vais mieux. De manière générale, depuis quelques semaines, j&amp;#39;observe que les choses se lissent. La route présente moins de cahots, la pente est moins prononcée, le chemin est moins ardu. Du coup, petit thread. 🧵 #french&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;J&amp;#39;ignore s&amp;#39;il est pertinent d&amp;#39;attribuer le mérite de cette évolution aux seules petites pilules qui m&amp;#39;accompagnent depuis bientôt deux mois ; je pense qu&amp;#39;il s&amp;#39;agit plutôt d&amp;#39;une coïncidence et que d&amp;#39;autres facteurs entrent en compte pour expliquer cette amélioration.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;L&amp;#39;un de ces facteurs est probablement la désertion de tout réseau social (surtout de Twitter/X), à l&amp;#39;exception de celui-ci. Lors de mon précédent sevrage, il y a quelques mois, j&amp;#39;avais déjà noté une amélioration semblable, quoique moins notable.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Avoir pu mettre un nom sur ma maladie m&amp;#39;a aidé à accepter sa réalité. Prendre conscience qu&amp;#39;elle est apparemment chronique et qu&amp;#39;elle m&amp;#39;accompagnera probablement toute ma vie a grandement contribué à son apprivoisement.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Comprendre pourquoi il s&amp;#39;agit d&amp;#39;une maladie cyclique, et pourquoi certains effets pourraient persister en dépit des traitements, permet dorénavant de relativiser un certain nombre de symptômes et de manifestations qui, auparavant, m&amp;#39;écrasaient sous la culpabilité.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Les crises d&amp;#39;angoisse, les nuits blanches, les pleurs incontrôlés, les peurs qui murmurent aux oreilles, la haine et le dégoût de soi, tout cela existe toujours, mais en moins fort, moins fréquent, bien moins effrayant, et surtout anticipable dans la majorité des cas.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Comme je l&amp;#39;avais écrit dans un de mes derniers textes, je vis désormais avec une coloc assez encombrante, mais qui a la délicatesse de se faire discrète la plupart du temps. C&amp;#39;est une relation &amp;quot;à la vie, à la mort&amp;quot; qu&amp;#39;on ne choisit pas et dont on ne peut que s&amp;#39;accommoder du mieux possible.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je vois mon chemin vers la guérison comme une forme de renaissance. Dans ce voyage, j&amp;#39;ai dû, moitié par choix, moitié forcé, abandonner derrière moi des morceaux de ce que j&amp;#39;étais, des bouts des carapaces et des lambeaux des costumes derrière lesquels je m&amp;#39;étais caché toute ma vie.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;J&amp;#39;ai dû apprendre à me voir et m&amp;#39;apprécier pour ce que j&amp;#39;étais, au lieu de croire que le regard des autres définissait mon identité. Il n&amp;#39;a pas été facile d&amp;#39;admettre que ce n&amp;#39;était pas mon utilité qui déterminait ma valeur, mais bien le seul fait de mon existence en tant que personne.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;J&amp;#39;ai eu la chance d&amp;#39;être bien accompagné, et ce n&amp;#39;est pas donné à tout un chacun. Outre les thérapeutes qui me suivent depuis trois ans et demi, je dois beaucoup au soutien indéfectible de ma compagne - même si ses méthodes ont tendance à être moins… &amp;quot;académiques&amp;quot;.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Elle a coutume de répéter qu&amp;#39;elle n&amp;#39;y est pour rien et que je fais l&amp;#39;essentiel du travail. C&amp;#39;est peut-être vrai. Je sais juste que sans sa présence à mes côtés, et sans son rôle de catalyseur, il est fort probable que je ne serais jamais arrivé seul où je suis maintenant.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Le plus important pour soigner une dépression, l&amp;#39;élément essentiel, l&amp;#39;ingrédient miracle, c&amp;#39;est l&amp;#39;entourage, la famille, les amis, les proches, tous ceux qui vous sont précieux et pour qui vous comptez réellement. Aucune pilule au monde ne remplacera jamais cela.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;C&amp;#39;est la première fois, depuis le diagnostic initial, que j&amp;#39;aborde la dernière ligne vers l&amp;#39;année prochaine avec une certaine sérénité. Jusqu&amp;#39;ici, les mois d&amp;#39;automne et d&amp;#39;hiver étaient souvent synonymes de repli et d&amp;#39;effondrement nerveux, avec des conséquences regrettables pour autrui.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;C&amp;#39;est pour cela qu&amp;#39;il est crucial, même quand vous êtes au fond du trou, même si tout semble perdu, de ne pas perdre de vue qu&amp;#39;il ne faut jamais agresser ni malmener ceux qui vous portent. Partagez votre fardeau avec eux s&amp;#39;ils le proposent, mais ne le leur imposez jamais.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;C&amp;#39;est la fin de ce long thread un peu décousu. Ce matin, je me suis levé avec le besoin de l&amp;#39;écrire et de le partager. Merci de l&amp;#39;avoir lu, et de faire de cet endroit un lieu de confiance, où l&amp;#39;on ose se mettre un peu à nu, parce qu&amp;#39;on sait que ça fera du bien à l&amp;#39;âme.&lt;/p&gt;</description>
			<pubDate>Mon, 11 Sep 2023 12:48:19 GMT</pubDate>
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