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			<description>&lt;p&gt;Aujourd’hui on est allés dans la montagne pour aller à la mairie d’un tout petit village (moins de 100 habitants à l’année mais nombreux l’été) pour essayer d’obtenir le certificat de naissance de mon arrière grand père.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Déjà on est partis sous la pluie, et plus on s’est approchés plus c’était le déluge.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Le village est au milieu des montagnes, perdu au milieu des orangeraies et oliveraies, la brume et la roche. Toutes les rues sont en pierre, l’eau court partout. Les rues sont tellement en pente qu’il y a des rambardes pour les monter et descendre sans tomber.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;À peine sortis de la voiture, on était trempés. Mais on n’a pas osé entrer dans le village en voiture.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On suit à pieds le GPS pour trouver la mairie mais le GPS nous conduit à un tout petit bar (la mairie ou un bar, c’est pareil 😂)&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On tourne un peu en rond, je finis par demander au bar et une dame qui allait partir nous amène sur le bon chemin.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;À la mairie, pas de bol, le maire n’est pas là, la secrétaire ne travaille pas, il n’y a qu’un adjoint administratif pas habilité à faire des recherches.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Il m’explique que leurs archives sont toutes en physique et qu’ils doivent chercher manuellement, que je dois faire ma demande sur le net 😣&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Finalement, il discute un peu, je peux lui expliquer que j’ai déjà fait une demande par internet mais qu’ils n’avaient rien trouvé en 1891. Mais que depuis j’ai trouvé un autre document avec l’année de naissance en 1890. J’avais avec moi le courrier qu’ils m’avaient envoyé, du coup il le scanne et me propose de faire une demande papier, de transmettre demain à la secrétaire vu que je ne peux pas revenir. Mais il me dit qu’il ne connaît personne de ce nom au village et qu’il pense qu’on ne trouvera rien. On repart donc. On a fait une 1h15 de route sous le déluge dans la montagne pour un échange de 15 min…&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On sort, il pleut toujours autant. On décide donc de passer au bar.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Quand on arrive les gens s’en vont. On commande à boire, debout au comptoir, on passe aux toilettes et je commence à discuter avec la patronne. Elle est jeune et n’a pas l’air d’être originaire du village. Physiquement elle est typée latino. Ça m’étonne dans un si petit endroit.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui demande si elle a toujours été du village et c’est parti !&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Elle s’appelle Eli. Elle arrive d’Argentine mais son grand-père est du village. Il a fui la guerre civile, s’est retrouvé en Argentine, sa fille est revenue quand Eli avait 10 ou 11 ans. Je lui raconte mon histoire, pourquoi je suis française. On est toutes les 2 des sangs mêlés inattendus. Elle espagnole, Argentine, Hollandaise. Moi espagnole, française et viet. On discute de la notion d’étranger, de comment les gens réagissent (je suis blanche, je ne vis pas cette discrimination, mais j’y suis très sensible aux vues de mon histoire).&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On connaît toute les 2 la migration forcée par l’histoire de nos parents et grands-parents, elle me raconte comment sa famille été accueillie en Argentine (du travail, des papiers) et comment cela a été compliqué de revenir s’installer en Europe.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;La discussion avance, on découvre qu’une partie de nos familles vit dans le même village en Catalogne, que son mari est venu en France travailler pendant des mois comme ouvrier agricole. J’ai comme une impression de liens dans l’espace et le temps. C’est très étrange.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui explique alors mon passage à la mairie. Elle déplore la pluie. Son vieux voisin a le même nom que moi. D’habitude il s’assoit tous les jours en terrasse au bar, mais il pleut. Sa sœur est tombée et s’est fracturé la hanche. Elle ne sort pas de chez elle en ce moment. Et les habitués qui ont toujours vécu au village, depuis des générations, ne sont pas là non plus. La pluie. Le déluge…&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui propose de lui laisser mon mail. Elle accepte tout de suite. Elle va demander aux vieux du village s’ils connaissent ma famille. Et elle m’écrira si c’est le cas. 🩷&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On repart à discuter. Elle me raconte son arrière grand-mère en Argentine, la difficulté de la vie, son choix de vivre là plutôt qu’à Barcelone. On plaisante aussi beaucoup. Au moment de partir, on échange sur ce qui nous manque. Moi de l’Espagne, dans laquelle j’ai vécu en France grâce a mon grand-père, et quand je suis venue vivre à Barcelone. Elle de l’Argentine. Et quand je plaisante sur le fait que les français ne savent pas faire l’huile d’olives et que celle de ma famille me manque, elle m’envoie chez une voisine qui a un resto.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;« Si c’est fermé, frappe à la porte. Elle viendra t’ouvrir. Dis lui que tu viens de ma part. Elle fait son huile, ses olives sont pures et sans traitement. Ses oliviers poussent depuis très très longtemps juste au dessus du village. C’est la meilleure tu verras. Je lui achète pour le bar. Je fais mes sandwichs avec. Ils sont à tomber »&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On est partis. On a frappé chez sa voisine.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Et voilà comment je suis partie du village. Sans aucune avancée mais avec un peu d’espoir d’en savoir plus et un bidon d’huile artisanale des oliviers qui ont peut-être vu ma famille partir d’ici.&lt;/p&gt;</description>
			<pubDate>Wed, 12 Jun 2024 09:13:19 GMT</pubDate>
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Mais on n’a pas osé entrer dans le village en voiture.&#10;&#10;On suit à pieds le GPS pour trouver la mairie mais le GPS nous conduit à un tout petit bar (la mairie ou un bar, c’est pareil 😂)&#10;&#10;On tourne un peu en rond, je finis par demander au bar et une dame qui allait partir nous amène sur le bon chemin.&#10;&#10;À la mairie, pas de bol, le maire n’est pas là, la secrétaire ne travaille pas, il n’y a qu’un adjoint administratif pas habilité à faire des recherches.&#10;&#10;Il m’explique que leurs archives sont toutes en physique et qu’ils doivent chercher manuellement, que je dois faire ma demande sur le net 😣&#10;&#10;Finalement, il discute un peu, je peux lui expliquer que j’ai déjà fait une demande par internet mais qu’ils n’avaient rien trouvé en 1891. Mais que depuis j’ai trouvé un autre document avec l’année de naissance en 1890. J’avais avec moi le courrier qu’ils m’avaient envoyé, du coup il le scanne et me propose de faire une demande papier, de transmettre demain à la secrétaire vu que je ne peux pas revenir. Mais il me dit qu’il ne connaît personne de ce nom au village et qu’il pense qu’on ne trouvera rien. On repart donc. On a fait une 1h15 de route sous le déluge dans la montagne pour un échange de 15 min…&#10;&#10;On sort, il pleut toujours autant. On décide donc de passer au bar.&#10;&#10;Quand on arrive les gens s’en vont. On commande à boire, debout au comptoir, on passe aux toilettes et je commence à discuter avec la patronne. Elle est jeune et n’a pas l’air d’être originaire du village. Physiquement elle est typée latino. Ça m’étonne dans un si petit endroit.&#10;&#10;Je lui demande si elle a toujours été du village et c’est parti !&#10;&#10;Elle s’appelle Eli. Elle arrive d’Argentine mais son grand-père est du village. Il a fui la guerre civile, s’est retrouvé en Argentine, sa fille est revenue quand Eli avait 10 ou 11 ans. Je lui raconte mon histoire, pourquoi je suis française. On est toutes les 2 des sangs mêlés inattendus. Elle espagnole, Argentine, Hollandaise. Moi espagnole, française et viet. On discute de la notion d’étranger, de comment les gens réagissent (je suis blanche, je ne vis pas cette discrimination, mais j’y suis très sensible aux vues de mon histoire).&#10;&#10;On connaît toute les 2 la migration forcée par l’histoire de nos parents et grands-parents, elle me raconte comment sa famille été accueillie en Argentine (du travail, des papiers) et comment cela a été compliqué de revenir s’installer en Europe.&#10;&#10;La discussion avance, on découvre qu’une partie de nos familles vit dans le même village en Catalogne, que son mari est venu en France travailler pendant des mois comme ouvrier agricole. J’ai comme une impression de liens dans l’espace et le temps. C’est très étrange.&#10;&#10;Je lui explique alors mon passage à la mairie. Elle déplore la pluie. Son vieux voisin a le même nom que moi. D’habitude il s’assoit tous les jours en terrasse au bar, mais il pleut. Sa sœur est tombée et s’est fracturé la hanche. Elle ne sort pas de chez elle en ce moment. Et les habitués qui ont toujours vécu au village, depuis des générations, ne sont pas là non plus. La pluie. Le déluge…&#10;&#10;Je lui propose de lui laisser mon mail. Elle accepte tout de suite. Elle va demander aux vieux du village s’ils connaissent ma famille. Et elle m’écrira si c’est le cas. 🩷&#10;&#10;On repart à discuter. Elle me raconte son arrière grand-mère en Argentine, la difficulté de la vie, son choix de vivre là plutôt qu’à Barcelone. On plaisante aussi beaucoup. Au moment de partir, on échange sur ce qui nous manque. Moi de l’Espagne, dans laquelle j’ai vécu en France grâce a mon grand-père, et quand je suis venue vivre à Barcelone. Elle de l’Argentine. Et quand je plaisante sur le fait que les français ne savent pas faire l’huile d’olives et que celle de ma famille me manque, elle m’envoie chez une voisine qui a un resto.&#10;&#10;« Si c’est fermé, frappe à la porte. Elle viendra t’ouvrir. Dis lui que tu viens de ma part. Elle fait son huile, ses olives sont pures et sans traitement. Ses oliviers poussent depuis très très longtemps juste au dessus du village. C’est la meilleure tu verras. Je lui achète pour le bar. Je fais mes sandwichs avec. Ils sont à tomber »&#10;&#10;On est partis. On a frappé chez sa voisine.&#10;&#10;Et voilà comment je suis partie du village. Sans aucune avancée mais avec un peu d’espoir d’en savoir plus et un bidon d’huile artisanale des oliviers qui ont peut-être vu ma famille partir d’ici.</source:markdown>
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			<description>&lt;p&gt;Aujourd’hui on est allés dans la montagne pour aller à la mairie d’un tout petit village (moins de 100 habitants à l’année mais nombreux l’été) pour essayer d’obtenir le certificat de naissance de mon arrière grand père.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Déjà on est partis sous la pluie, et plus on s’est approchés plus c’était le déluge.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Le village est au milieu des montagnes, perdu au milieu des orangeraies et oliveraies, la brume et la roche. Toutes les rues sont en pierre, l’eau court partout. Les rues sont tellement en pente qu’il y a des rambardes pour les monter et descendre sans tomber.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;À peine sortis de la voiture, on était trempés. Mais on n’a pas osé entrer dans le village en voiture.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On suit à pieds le GPS pour trouver la mairie mais le GPS nous conduit à un tout petit bar (la mairie ou un bar, c’est pareil 😂)&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On tourne un peu en rond, je finis par demander au bar et une dame qui allait partir nous amène sur le bon chemin.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;À la mairie, pas de bol, le maire n’est pas là, la secrétaire ne travaille pas, il n’y a qu’un adjoint administratif pas habilité à faire des recherches.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Il m’explique que leurs archives sont toutes en physique et qu’ils doivent chercher manuellement, que je dois faire ma demande sur le net 😣&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Finalement, il discute un peu, je peux lui expliquer que j’ai déjà fait une demande par internet mais qu’ils n’avaient rien trouvé en 1891. Mais que depuis j’ai trouvé un autre document avec l’année de naissance en 1890. J’avais avec moi le courrier qu’ils m’avaient envoyé, du coup il le scanne et me propose de faire une demande papier, de transmettre demain à la secrétaire vu que je ne peux pas revenir. Mais il me dit qu’il ne connaît personne de ce nom au village et qu’il pense qu’on ne trouvera rien. On repart donc. On a fait une 1h15 de route sous le déluge dans la montagne pour un échange de 15 min…&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On sort, il pleut toujours autant. On décide donc de passer au bar.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Quand on arrive les gens s’en vont. On commande à boire, debout au comptoir, on passe aux toilettes et je commence à discuter avec la patronne. Elle est jeune et n’a pas l’air d’être originaire du village. Physiquement elle est typée latino. Ça m’étonne dans un si petit endroit.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui demande si elle a toujours été du village et c’est parti !&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Elle s’appelle Eli. Elle arrive d’Argentine mais son grand-père est du village. Il a fui la guerre civile, s’est retrouvé en Argentine, sa fille est revenue quand Eli avait 10 ou 11 ans. Je lui raconte mon histoire, pourquoi je suis française. On est toutes les 2 des sangs mêlés inattendus. Elle espagnole, Argentine, Hollandaise. Moi espagnole, française et viet. On discute de la notion d’étranger, de comment les gens réagissent (je suis blanche, je ne vis pas cette discrimination, mais j’y suis très sensible aux vues de mon histoire).&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On connaît toute les 2 la migration forcée par l’histoire de nos parents et grands-parents, elle me raconte comment sa famille été accueillie en Argentine (du travail, des papiers) et comment cela a été compliqué de revenir s’installer en Europe.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;La discussion avance, on découvre qu’une partie de nos familles vit dans le même village en Catalogne, que son mari est venu en France travailler pendant des mois comme ouvrier agricole. J’ai comme une impression de liens dans l’espace et le temps. C’est très étrange.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui explique alors mon passage à la mairie. Elle déplore la pluie. Son vieux voisin a le même nom que moi. D’habitude il s’assoit tous les jours en terrasse au bar, mais il pleut. Sa sœur est tombée et s’est fracturé la hanche. Elle ne sort pas de chez elle en ce moment. Et les habitués qui ont toujours vécu au village, depuis des générations, ne sont pas là non plus. La pluie. Le déluge…&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui propose de lui laisser mon mail. Elle accepte tout de suite. Elle va demander aux vieux du village s’ils connaissent ma famille. Et elle m’écrira si c’est le cas. 🩷&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On repart à discuter. Elle me raconte son arrière grand-mère en Argentine, la difficulté de la vie, son choix de vivre là plutôt qu’à Barcelone. On plaisante aussi beaucoup. Au moment de partir, on échange sur ce qui nous manque. Moi de l’Espagne, dans laquelle j’ai vécu en France grâce a mon grand-père, et quand je suis venue vivre à Barcelone. Elle de l’Argentine. Et quand je plaisante sur le fait que les français ne savent pas faire l’huile d’olives et que celle de ma famille me manque, elle m’envoie chez une voisine qui a un resto.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;« Si c’est fermé, frappe à la porte. Elle viendra t’ouvrir. Dis lui que tu viens de ma part. Elle fait son huile, ses olives sont pures et sans traitement. Ses oliviers poussent depuis très très longtemps juste au dessus du village. C’est la meilleure tu verras. Je lui achète pour le bar. Je fais mes sandwichs avec. Ils sont à tomber »&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On est partis. On a frappé chez sa voisine.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Et voilà comment je suis partie du village. Sans aucune avancée mais avec un peu d’espoir d’en savoir plus et un bidon d’huile artisanale des oliviers qui ont peut-être vu ma famille partir d’ici.&lt;/p&gt;</description>
			<pubDate>Wed, 12 Jun 2024 07:55:18 GMT</pubDate>
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Mais on n’a pas osé entrer dans le village en voiture.&#10;&#10;On suit à pieds le GPS pour trouver la mairie mais le GPS nous conduit à un tout petit bar (la mairie ou un bar, c’est pareil 😂)&#10;&#10;On tourne un peu en rond, je finis par demander au bar et une dame qui allait partir nous amène sur le bon chemin.&#10;&#10;À la mairie, pas de bol, le maire n’est pas là, la secrétaire ne travaille pas, il n’y a qu’un adjoint administratif pas habilité à faire des recherches.&#10;&#10;Il m’explique que leurs archives sont toutes en physique et qu’ils doivent chercher manuellement, que je dois faire ma demande sur le net 😣&#10;&#10;Finalement, il discute un peu, je peux lui expliquer que j’ai déjà fait une demande par internet mais qu’ils n’avaient rien trouvé en 1891. Mais que depuis j’ai trouvé un autre document avec l’année de naissance en 1890. J’avais avec moi le courrier qu’ils m’avaient envoyé, du coup il le scanne et me propose de faire une demande papier, de transmettre demain à la secrétaire vu que je ne peux pas revenir. Mais il me dit qu’il ne connaît personne de ce nom au village et qu’il pense qu’on ne trouvera rien. On repart donc. On a fait une 1h15 de route sous le déluge dans la montagne pour un échange de 15 min…&#10;&#10;On sort, il pleut toujours autant. On décide donc de passer au bar.&#10;&#10;Quand on arrive les gens s’en vont. On commande à boire, debout au comptoir, on passe aux toilettes et je commence à discuter avec la patronne. Elle est jeune et n’a pas l’air d’être originaire du village. Physiquement elle est typée latino. Ça m’étonne dans un si petit endroit.&#10;&#10;Je lui demande si elle a toujours été du village et c’est parti !&#10;&#10;Elle s’appelle Eli. Elle arrive d’Argentine mais son grand-père est du village. Il a fui la guerre civile, s’est retrouvé en Argentine, sa fille est revenue quand Eli avait 10 ou 11 ans. Je lui raconte mon histoire, pourquoi je suis française. On est toutes les 2 des sangs mêlés inattendus. Elle espagnole, Argentine, Hollandaise. Moi espagnole, française et viet. On discute de la notion d’étranger, de comment les gens réagissent (je suis blanche, je ne vis pas cette discrimination, mais j’y suis très sensible aux vues de mon histoire).&#10;&#10;On connaît toute les 2 la migration forcée par l’histoire de nos parents et grands-parents, elle me raconte comment sa famille été accueillie en Argentine (du travail, des papiers) et comment cela a été compliqué de revenir s’installer en Europe.&#10;&#10;La discussion avance, on découvre qu’une partie de nos familles vit dans le même village en Catalogne, que son mari est venu en France travailler pendant des mois comme ouvrier agricole. J’ai comme une impression de liens dans l’espace et le temps. C’est très étrange.&#10;&#10;Je lui explique alors mon passage à la mairie. Elle déplore la pluie. Son vieux voisin a le même nom que moi. D’habitude il s’assoit tous les jours en terrasse au bar, mais il pleut. Sa sœur est tombée et s’est fracturé la hanche. Elle ne sort pas de chez elle en ce moment. Et les habitués qui ont toujours vécu au village, depuis des générations, ne sont pas là non plus. La pluie. Le déluge…&#10;&#10;Je lui propose de lui laisser mon mail. Elle accepte tout de suite. Elle va demander aux vieux du village s’ils connaissent ma famille. Et elle m’écrira si c’est le cas. 🩷&#10;&#10;On repart à discuter. Elle me raconte son arrière grand-mère en Argentine, la difficulté de la vie, son choix de vivre là plutôt qu’à Barcelone. On plaisante aussi beaucoup. Au moment de partir, on échange sur ce qui nous manque. Moi de l’Espagne, dans laquelle j’ai vécu en France grâce a mon grand-père, et quand je suis venue vivre à Barcelone. Elle de l’Argentine. Et quand je plaisante sur le fait que les français ne savent pas faire l’huile d’olives et que celle de ma famille me manque, elle m’envoie chez une voisine qui a un resto.&#10;&#10;« Si c’est fermé, frappe à la porte. Elle viendra t’ouvrir. Dis lui que tu viens de ma part. Elle fait son huile, ses olives sont pures et sans traitement. Ses oliviers poussent depuis très très longtemps juste au dessus du village. C’est la meilleure tu verras. Je lui achète pour le bar. Je fais mes sandwichs avec. Ils sont à tomber »&#10;&#10;On est partis. On a frappé chez sa voisine.&#10;&#10;Et voilà comment je suis partie du village. Sans aucune avancée mais avec un peu d’espoir d’en savoir plus et un bidon d’huile artisanale des oliviers qui ont peut-être vu ma famille partir d’ici.</source:markdown>
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			<description>&lt;p&gt;Aujourd’hui on est allés dans la montagne pour aller à la mairie d’un tout petit village (moins de 100 habitants à l’année mais nombreux l’été) pour essayer d’obtenir le certificat de naissance de mon arrière grand père.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Déjà on est partis sous la pluie, et plus on s’est approchés plus c’était le déluge.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Le village est au milieu des montagnes, perdu au milieu des orangeraies et oliveraies, la brume et la roche. Toutes les rues sont en pierre, l’eau court partout. Les rues sont tellement en pente qu’il y a des rambardes pour les monter et descendre sans tomber.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;À peine sortis de la voiture, on était trempés. Mais on n’a pas osé entrer dans le village en voiture.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On suit à pieds le GPS pour trouver la mairie mais le GPS nous conduit à un tout petit bar (la mairie ou un bar, c’est pareil 😂)&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On tourne un peu en rond, je finis par demander au bar et une dame qui allait partir nous amène sur le bon chemin.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;À la mairie, pas de bol, le maire n’est pas là, la secrétaire ne travaille pas, il n’y a qu’un adjoint administratif pas habilité à faire des recherches.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Il m’explique que leurs archives sont toutes en physique et qu’ils doivent chercher manuellement, que je dois faire ma demande sur le net 😣&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Finalement, il discute un peu, je peux lui expliquer que j’ai déjà fait une demande par internet mais qu’ils n’avaient rien trouvé en 1891. Mais que depuis j’ai trouvé un autre document avec l’année de naissance en 1890. J’avais avec moi le courrier qu’ils m’avaient envoyé, du coup il le scanne et me propose de faire une demande papier, de transmettre demain à la secrétaire vu que je ne peux pas revenir. Mais il me dit qu’il ne connaît personne de ce nom au village et qu’il pense qu’on ne trouvera rien. On repart donc. On a fait une 1h15 de route sous le déluge dans la montagne pour un échange de 15 min…&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On sort, il pleut toujours autant. On décide donc de passer au bar.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Quand on arrive les gens s’en vont. On commande à boire, debout au comptoir, on passe aux toilettes et je commence à discuter avec la patronne. Elle est jeune et n’a pas l’air d’être originaire du village. Physiquement elle est typée latino. Ça m’étonne dans un si petit endroit.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui demande si elle a toujours été du village et c’est parti !&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Elle s’appelle Eli. Elle arrive d’Argentine mais son grand-père est du village. Il a fui la guerre civile, s’est retrouvé en Argentine, sa fille est revenue quand Eli avait 10 ou 11 ans. Je lui raconte mon histoire, pourquoi je suis française. On est toutes les 2 des sangs mêlés inattendus. Elle espagnole, Argentine, Hollandaise. Moi espagnole, française et viet. On discute de la notion d’étranger, de comment les gens réagissent (je suis blanche, je ne vis pas cette discrimination, mais j’y suis très sensible aux vues de mon histoire).&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On connaît toute les 2 la migration forcée par l’histoire de nos parents et grands-parents, elle me raconte comment sa famille été accueillie en Argentine (du travail, des papiers) et comment cela a été compliqué de revenir s’installer en Europe.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;La discussion avance, on découvre qu’une partie de nos familles vit dans le même village en Catalogne, que son mari est venu en France travailler pendant des mois comme ouvrier agricole. J’ai comme une impression de liens dans l’espace et le temps. C’est très étrange.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui explique alors mon passage à la mairie. Elle déplore la pluie. Son vieux voisin a le même nom que moi. D’habitude il s’assoit tous les jours en terrasse au bar, mais il pleut. Sa sœur est tombée et s’est fracturé la hanche. Elle ne sort pas de chez elle en ce moment. Et les habitués qui ont toujours vécu au village, depuis des générations, ne sont pas là non plus. La pluie. Le déluge…&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Je lui propose de lui laisser mon mail. Elle accepte tout de suite. Elle va demander aux vieux du village s’ils connaissent ma famille. Et elle m’écrira si c’est le cas. 🩷&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On repart à discuter. Elle me raconte son arrière grand-mère en Argentine, la difficulté de la vie, son choix de vivre là plutôt qu’à Barcelone. On plaisante aussi beaucoup. Au moment de partir, on échange sur ce qui nous manque. Moi de l’Espagne, dans laquelle j’ai vécu en France grâce a mon grand-père, et quand je suis venue vivre à Barcelone. Elle de l’Argentine. Et quand je plaisante sur le fait que les français ne savent pas faire l’huile d’olives et que celle de ma famille me manque, elle m’envoie chez une voisine qui a un resto.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;« Si c’est fermé, frappe à la porte. Elle viendra t’ouvrir. Dis lui que tu viens de ma part. Elle fait son huile, ses olives sont pures et sans traitement. Ses oliviers poussent depuis très très longtemps juste au dessus du village. C’est la meilleure tu verras. Je lui achète pour le bar. Je fais mes sandwichs avec. Ils sont à tomber »&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;On est partis. On a frappé chez sa voisine.&lt;/p&gt;&#10;&lt;p&gt;Et voilà comment je suis partie du village. Sans aucune avancée mais avec un peu d’espoir d’en savoir plus et un bidon d’huile artisanale des oliviers qui ont peut-être vu ma famille partir d’ici.&lt;/p&gt;</description>
			<pubDate>Wed, 12 Jun 2024 07:53:01 GMT</pubDate>
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			<source:markdown>Aujourd’hui on est allés dans la montagne pour aller à la mairie d’un tout petit village (moins de 100 habitants à l’année mais nombreux l’été) pour essayer d’obtenir le certificat de naissance de mon arrière grand père.&#10;&#10;Déjà on est partis sous la pluie, et plus on s’est approchés plus c’était le déluge.&#10;&#10;Le village est au milieu des montagnes, perdu au milieu des orangeraies et oliveraies, la brume et la roche. Toutes les rues sont en pierre, l’eau court partout. Les rues sont tellement en pente qu’il y a des rambardes pour les monter et descendre sans tomber.&#10;&#10;À peine sortis de la voiture, on était trempés. Mais on n’a pas osé entrer dans le village en voiture.&#10;&#10;On suit à pieds le GPS pour trouver la mairie mais le GPS nous conduit à un tout petit bar (la mairie ou un bar, c’est pareil 😂)&#10;&#10;On tourne un peu en rond, je finis par demander au bar et une dame qui allait partir nous amène sur le bon chemin.&#10;&#10;À la mairie, pas de bol, le maire n’est pas là, la secrétaire ne travaille pas, il n’y a qu’un adjoint administratif pas habilité à faire des recherches.&#10;&#10;Il m’explique que leurs archives sont toutes en physique et qu’ils doivent chercher manuellement, que je dois faire ma demande sur le net 😣&#10;&#10;Finalement, il discute un peu, je peux lui expliquer que j’ai déjà fait une demande par internet mais qu’ils n’avaient rien trouvé en 1891. Mais que depuis j’ai trouvé un autre document avec l’année de naissance en 1890. J’avais avec moi le courrier qu’ils m’avaient envoyé, du coup il le scanne et me propose de faire une demande papier, de transmettre demain à la secrétaire vu que je ne peux pas revenir. Mais il me dit qu’il ne connaît personne de ce nom au village et qu’il pense qu’on ne trouvera rien. On repart donc. On a fait une 1h15 de route sous le déluge dans la montagne pour un échange de 15 min…&#10;&#10;On sort, il pleut toujours autant. On décide donc de passer au bar.&#10;&#10;Quand on arrive les gens s’en vont. On commande à boire, debout au comptoir, on passe aux toilettes et je commence à discuter avec la patronne. Elle est jeune et n’a pas l’air d’être originaire du village. Physiquement elle est typée latino. Ça m’étonne dans un si petit endroit.&#10;&#10;Je lui demande si elle a toujours été du village et c’est parti !&#10;&#10;Elle s’appelle Eli. Elle arrive d’Argentine mais son grand-père est du village. Il a fui la guerre civile, s’est retrouvé en Argentine, sa fille est revenue quand Eli avait 10 ou 11 ans. Je lui raconte mon histoire, pourquoi je suis française. On est toutes les 2 des sangs mêlés inattendus. Elle espagnole, Argentine, Hollandaise. Moi espagnole, française et viet. On discute de la notion d’étranger, de comment les gens réagissent (je suis blanche, je ne vis pas cette discrimination, mais j’y suis très sensible aux vues de mon histoire).&#10;&#10;On connaît toute les 2 la migration forcée par l’histoire de nos parents et grands-parents, elle me raconte comment sa famille été accueillie en Argentine (du travail, des papiers) et comment cela a été compliqué de revenir s’installer en Europe.&#10;&#10;La discussion avance, on découvre qu’une partie de nos familles vit dans le même village en Catalogne, que son mari est venu en France travailler pendant des mois comme ouvrier agricole. J’ai comme une impression de liens dans l’espace et le temps. C’est très étrange.&#10;&#10;Je lui explique alors mon passage à la mairie. Elle déplore la pluie. Son vieux voisin a le même nom que moi. D’habitude il s’assoit tous les jours en terrasse au bar, mais il pleut. Sa sœur est tombée et s’est fracturé la hanche. Elle ne sort pas de chez elle en ce moment. Et les habitués qui ont toujours vécu au village, depuis des générations, ne sont pas là non plus. La pluie. Le déluge…&#10;&#10;Je lui propose de lui laisser mon mail. Elle accepte tout de suite. Elle va demander aux vieux du village s’ils connaissent ma famille. Et elle m’écrira si c’est le cas. 🩷&#10;&#10;On repart à discuter. Elle me raconte son arrière grand-mère en Argentine, la difficulté de la vie, son choix de vivre là plutôt qu’à Barcelone. On plaisante aussi beaucoup. Au moment de partir, on échange sur ce qui nous manque. Moi de l’Espagne, dans laquelle j’ai vécu en France grâce a mon grand-père, et quand je suis venue vivre à Barcelone. Elle de l’Argentine. Et quand je plaisante sur le fait que les français ne savent pas faire l’huile d’olives et que celle de ma famille me manque, elle m’envoie chez une voisine qui a un resto.&#10;&#10;« Si c’est fermé, frappe à la porte. Elle viendra t’ouvrir. Dis lui que tu viens de ma part. Elle fait son huile, ses olives sont pures et sans traitement. Ses oliviers poussent depuis très très longtemps juste au dessus du village. C’est la meilleure tu verras. Je lui achète pour le bar. Je fais mes sandwichs avec. Ils sont à tomber »&#10;&#10;On est partis. On a frappé chez sa voisine.&#10;&#10;Et voilà comment je suis partie du village. Sans aucune avancée mais avec un peu d’espoir d’en savoir plus et un bidon d’huile artisanale des oliviers qui ont peut-être vu ma famille partir d’ici.</source:markdown>
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