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			<description>En septembre dernier, un événement a bouleversé le cours de ma vie. Jusque-là, j&amp;#39;avais tout fait, inconsciemment ou non, pour éviter cela. C&amp;#39;était un samedi, le jour du match de handball de ma fille et son équipe. Elles jouaient contre mon ancien club, où j&amp;#39;avais passé les meilleures années de ma vie sportive et où j&amp;#39;avais fait de nombreux amis. Mais malgré tout, à l&amp;#39;évocation de ce club, je suis rempli d&amp;#39;un profond sentiment de malaise. D&amp;#39;ailleurs, depuis que mes filles jouent au hand, j&amp;#39;ai toujours tout fait pour éviter d&amp;#39;être présent lors des matchs contre ce club. Du moins jusqu&amp;#39;à ce jour. Ma compagne s&amp;#39;était engagée à assurer le transport pour l&amp;#39;équipe de ma fille, mais elle a eu un empêchement. Les autres parents ne pouvaient pas non plus la remplacer, et toutes les étoiles se sont alignées pour me mettre devant l&amp;#39;obligation d&amp;#39;assurer le transport. J&amp;#39;ai accepté, pris sur moi en me rassurant que cela faisait plus de 20 ans... Une chance, le match avait lieu dans une salle autre que celle historique du club, en cours de rénovation. Cela devenait surmontable. Dans la voiture pour aller au match, ma fille et ses meilleures amies. On se connaît tous bien. Les discussions et les rigolades fleurissent. Une amie taquine ma fille sur ses réticences en matière de relations « sentimentales » en me prenant à témoin. Sans doute pour la mettre mal à l&amp;#39;aise devant moi. Ma fille ne veut pas avoir de relation. Je fais court, mais elle nous explique qu&amp;#39;elle a peur d&amp;#39;être rejetée et préfère donc éviter l&amp;#39;écueil. C&amp;#39;est son choix. Elle me questionne sur mes relations à son âge (16 ans). Je leur raconte avoir, à cet âge, rencontré une personne. Je ne sais pas comment l&amp;#39;expliquer, j&amp;#39;avais déjà eu plusieurs relations avant, mais tout était si différent avec elle. Si simple. C&amp;#39;était devenu une évidence si forte. Je l&amp;#39;aimais. Mon premier amour. On est resté plusieurs mois ensemble. Aujourd&amp;#39;hui, je n&amp;#39;ai pas de souvenirs précis de cette période, je leur ai donc juste dit que je l&amp;#39;avais quittée alors que je l&amp;#39;aimais encore. Cela, je m&amp;#39;en rappelais. Ma fille a sauté sur l&amp;#39;occasion pour justifier sa position : « Si en plus, même quand on aime, on se sépare, là vraiment c&amp;#39;est non... » Arrivés sur place, nous rentrons dans la salle. Tout de suite, j&amp;#39;aperçois de nombreuses têtes connues. Première sensation de malaise. J&amp;#39;espère qu&amp;#39;ils ne me verront pas. J&amp;#39;ai changé en 20 ans, et une énorme barbe estivale me cache. Me voilà rassuré. Je trouve place dans les tribunes, qui font face à l&amp;#39;entrée, et me mêle aux autres parents accompagnateurs. Une personne est entrée en face. En un millième de seconde, je l&amp;#39;ai reconnue. La première sensation est une forte joie. J&amp;#39;étais heureux de la voir. Elle n&amp;#39;avait pas changé. Elle s&amp;#39;est installée dans les tribunes en contrebas. Elle ne m&amp;#39;a pas vu. J&amp;#39;ai tout de suite bloqué. Je n&amp;#39;arrivais pas à me lever pour aller la voir. Complètement bloqué. Ça m&amp;#39;a questionné. Je ne comprenais pas trop ce qui m&amp;#39;arrivait. Le match terminé, je l&amp;#39;ai regardée et ai choisi le meilleur moyen de partir sans attirer son attention. Une fois dans la voiture, sur le chemin du retour, je souffle. Quel soulagement. La vie pouvait reprendre son cours habituel. Cela aurait pu se terminer ainsi, mais malheureusement non. Je ne sais pas comment l&amp;#39;expliquer, mais le visage de N. a agi comme une clé. Une clé qui a ouvert une capsule temporelle. Avant, je n&amp;#39;avais pas de souvenir de cette période, ou du moins des souvenirs très flous, très brumeux. Rien de précis. Mes amis s&amp;#39;étonnaient régulièrement de mon amnésie quand ils questionnaient des souvenirs dont j&amp;#39;étais incapable de me rappeler. La semaine suivante, je bossais sur un document. J&amp;#39;étais dans la phase préparatoire, mais j&amp;#39;étais incapable de travailler. Mon corps était bien présent, figé devant mon écran, mais à l&amp;#39;intérieur, un volcan était entré en éruption. Des souvenirs de l&amp;#39;époque avec N. me revenaient par vagues incessantes, irrésistibles, incontrôlables. Un énorme sentiment de malaise profond m&amp;#39;envahissait. Tout ce que j&amp;#39;avais réussi plus ou moins inconsciemment à oublier jaillissait dans un flot ininterrompu d&amp;#39;images et de sentiments mêlés. J&amp;#39;ai fondu en larmes. Un torrent de tristesse s&amp;#39;est déversé. Le barrage qui jusque-là avait tout retenu venait de rompre. Comment une ancienne histoire d&amp;#39;amour qui s&amp;#39;est terminée de mon propre chef il y a plus de 20 ans peut-elle faire cela ? Pourquoi est-ce si puissant, incontrôlable ? Je suis désemparé par la force qui m&amp;#39;habite. J&amp;#39;ai peur. Ça occupait toutes mes pensées. J&amp;#39;avais beau essayer de me raisonner, je sombrais dans un puit sans fond de remords et de tristesse. La capsule temporelle qui venait de s&amp;#39;ouvrir m&amp;#39;a replongé dans les moments après la rupture. Je revoyais tous les moments où je l&amp;#39;ai croisé. Sa peine de me voir, la tristesse sur son visage. Ça m&amp;#39;a détruit. Mon dieu, que je me détestais. Je me haïssais tellement de l&amp;#39;avoir quittée, de l&amp;#39;avoir fait souffrir. A l&amp;#39;époque, mon auto-détestation m&amp;#39;a empêché de revenir vers elle. Je le comprends aujourd&amp;#39;hui. Je l&amp;#39;ai quitté car j&amp;#39;ai pris peur. La peur, cette mauvaise conseillère, m&amp;#39;a guidé dans ce désastre. J&amp;#39;avais vu mes meilleurs amis de l&amp;#39;époque se faire larguer. Je me suis projeté à leur place et j&amp;#39;ai flippé. Je revois ces questionnements. Je ressens la peur m&amp;#39;envahir. J&amp;#39;aurais bien évidemment dû lui parler. Bien évidemment. Mais j&amp;#39;étais jeune. Je n&amp;#39;ai pas compris à l&amp;#39;époque que cette peur était normale et un bien petit prix à payer tant son acceptation offre de liberté. Avec ma réflexion de l&amp;#39;époque, je n&amp;#39;ai pas réussi à me pardonner ce que j&amp;#39;avais fait. Faire souffrir quelqu&amp;#39;un n&amp;#39;était déjà pas dans mes cordes, mais alors la personne que j&amp;#39;aimais d&amp;#39;un amour si profond... J&amp;#39;ai vrillé. J&amp;#39;ai plongé dans les pires années de ma vie. Impardonnable bourreau. Faiseur de désastre. J&amp;#39;ai plongé si bas ma propre estime. C&amp;#39;est ça qui m&amp;#39;a explosé au visage. Une sorte de syndrome post-traumatique mais version bourreau. La claque. Il m&amp;#39;a fallu plusieurs mois pour m&amp;#39;en remettre. Je me suis pardonné pour ce que j&amp;#39;avais fait. J&amp;#39;ai compris aujourd&amp;#39;hui pourquoi j&amp;#39;avais agi comme cela à l&amp;#39;époque. Oui, j&amp;#39;avais brisé son cœur, le mien, notre histoire, pour des raisons sans nul doute stupides, mais que cela arrivait de se tromper. J&amp;#39;ai alors rédigé une lettre dans laquelle je lui expliquais l&amp;#39;avoir croisé au match et ne pas avoir eu le courage de lui parler, alors que j&amp;#39;aurais aimé prendre de ses nouvelles comme on se croisait par hasard. Que j&amp;#39;étais encore aujourd&amp;#39;hui habité par un sentiment très fort de culpabilité qui me bloquait. Je lui présentais mes excuses pour la manière dont je l&amp;#39;avais quittée. Je vous parlais de mes pires années suite à ma rupture avec N. Elles se sont terminées quelques années plus tard avec la rencontre de C. Nous partageons toujours notre vie. L&amp;#39;amour m&amp;#39;a donné une deuxième chance. Je suis heureux. Je vous dis ça car écrire une lettre d&amp;#39;excuses à N. était une thérapie personnelle, la lui faire suivre m&amp;#39;a questionné. Outre le fait de m&amp;#39;imposer dans sa vie était un véritable point d&amp;#39;arrêt, je n&amp;#39;avais aucune envie de la revoir ou quoi que ce soit d&amp;#39;autre. Mais j&amp;#39;étais rongé par une culpabilité complètement anachronique. J&amp;#39;ai alors demandé à un ami qu&amp;#39;on a en commun de demander à N. si elle accepterait de recevoir une lettre de ma part. Elle a accepté.</description>
			<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 16:53:16 GMT</pubDate>
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Une chance, le match avait lieu dans une salle autre que celle historique du club, en cours de rénovation. Cela devenait surmontable. Dans la voiture pour aller au match, ma fille et ses meilleures amies. On se connaît tous bien. Les discussions et les rigolades fleurissent. Une amie taquine ma fille sur ses réticences en matière de relations « sentimentales » en me prenant à témoin. Sans doute pour la mettre mal à l'aise devant moi. Ma fille ne veut pas avoir de relation. Je fais court, mais elle nous explique qu'elle a peur d'être rejetée et préfère donc éviter l'écueil. C'est son choix. Elle me questionne sur mes relations à son âge (16 ans). Je leur raconte avoir, à cet âge, rencontré une personne. Je ne sais pas comment l'expliquer, j'avais déjà eu plusieurs relations avant, mais tout était si différent avec elle. Si simple. C'était devenu une évidence si forte. Je l'aimais. Mon premier amour. On est resté plusieurs mois ensemble. Aujourd'hui, je n'ai pas de souvenirs précis de cette période, je leur ai donc juste dit que je l'avais quittée alors que je l'aimais encore. Cela, je m'en rappelais. Ma fille a sauté sur l'occasion pour justifier sa position : « Si en plus, même quand on aime, on se sépare, là vraiment c'est non... » Arrivés sur place, nous rentrons dans la salle. Tout de suite, j'aperçois de nombreuses têtes connues. Première sensation de malaise. J'espère qu'ils ne me verront pas. J'ai changé en 20 ans, et une énorme barbe estivale me cache. Me voilà rassuré. Je trouve place dans les tribunes, qui font face à l'entrée, et me mêle aux autres parents accompagnateurs. Une personne est entrée en face. En un millième de seconde, je l'ai reconnue. La première sensation est une forte joie. J'étais heureux de la voir. Elle n'avait pas changé. Elle s'est installée dans les tribunes en contrebas. Elle ne m'a pas vu. J'ai tout de suite bloqué. Je n'arrivais pas à me lever pour aller la voir. Complètement bloqué. Ça m'a questionné. Je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. Le match terminé, je l'ai regardée et ai choisi le meilleur moyen de partir sans attirer son attention. Une fois dans la voiture, sur le chemin du retour, je souffle. Quel soulagement. La vie pouvait reprendre son cours habituel. Cela aurait pu se terminer ainsi, mais malheureusement non. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais le visage de N. a agi comme une clé. Une clé qui a ouvert une capsule temporelle. Avant, je n'avais pas de souvenir de cette période, ou du moins des souvenirs très flous, très brumeux. Rien de précis. Mes amis s'étonnaient régulièrement de mon amnésie quand ils questionnaient des souvenirs dont j'étais incapable de me rappeler. La semaine suivante, je bossais sur un document. J'étais dans la phase préparatoire, mais j'étais incapable de travailler. Mon corps était bien présent, figé devant mon écran, mais à l'intérieur, un volcan était entré en éruption. Des souvenirs de l'époque avec N. me revenaient par vagues incessantes, irrésistibles, incontrôlables. Un énorme sentiment de malaise profond m'envahissait. Tout ce que j'avais réussi plus ou moins inconsciemment à oublier jaillissait dans un flot ininterrompu d'images et de sentiments mêlés. J'ai fondu en larmes. Un torrent de tristesse s'est déversé. Le barrage qui jusque-là avait tout retenu venait de rompre. Comment une ancienne histoire d'amour qui s'est terminée de mon propre chef il y a plus de 20 ans peut-elle faire cela ? Pourquoi est-ce si puissant, incontrôlable ? Je suis désemparé par la force qui m'habite. J'ai peur. Ça occupait toutes mes pensées. J'avais beau essayer de me raisonner, je sombrais dans un puit sans fond de remords et de tristesse. La capsule temporelle qui venait de s'ouvrir m'a replongé dans les moments après la rupture. Je revoyais tous les moments où je l'ai croisé. Sa peine de me voir, la tristesse sur son visage. Ça m'a détruit. Mon dieu, que je me détestais. Je me haïssais tellement de l'avoir quittée, de l'avoir fait souffrir. A l'époque, mon auto-détestation m'a empêché de revenir vers elle. Je le comprends aujourd'hui. Je l'ai quitté car j'ai pris peur. La peur, cette mauvaise conseillère, m'a guidé dans ce désastre. J'avais vu mes meilleurs amis de l'époque se faire larguer. Je me suis projeté à leur place et j'ai flippé. Je revois ces questionnements. Je ressens la peur m'envahir. J'aurais bien évidemment dû lui parler. Bien évidemment. Mais j'étais jeune. Je n'ai pas compris à l'époque que cette peur était normale et un bien petit prix à payer tant son acceptation offre de liberté. Avec ma réflexion de l'époque, je n'ai pas réussi à me pardonner ce que j'avais fait. Faire souffrir quelqu'un n'était déjà pas dans mes cordes, mais alors la personne que j'aimais d'un amour si profond... J'ai vrillé. J'ai plongé dans les pires années de ma vie. Impardonnable bourreau. Faiseur de désastre. J'ai plongé si bas ma propre estime. C'est ça qui m'a explosé au visage. Une sorte de syndrome post-traumatique mais version bourreau. La claque. Il m'a fallu plusieurs mois pour m'en remettre. Je me suis pardonné pour ce que j'avais fait. J'ai compris aujourd'hui pourquoi j'avais agi comme cela à l'époque. Oui, j'avais brisé son cœur, le mien, notre histoire, pour des raisons sans nul doute stupides, mais que cela arrivait de se tromper. J'ai alors rédigé une lettre dans laquelle je lui expliquais l'avoir croisé au match et ne pas avoir eu le courage de lui parler, alors que j'aurais aimé prendre de ses nouvelles comme on se croisait par hasard. Que j'étais encore aujourd'hui habité par un sentiment très fort de culpabilité qui me bloquait. Je lui présentais mes excuses pour la manière dont je l'avais quittée. Je vous parlais de mes pires années suite à ma rupture avec N. Elles se sont terminées quelques années plus tard avec la rencontre de C. Nous partageons toujours notre vie. L'amour m'a donné une deuxième chance. Je suis heureux. Je vous dis ça car écrire une lettre d'excuses à N. était une thérapie personnelle, la lui faire suivre m'a questionné. Outre le fait de m'imposer dans sa vie était un véritable point d'arrêt, je n'avais aucune envie de la revoir ou quoi que ce soit d'autre. Mais j'étais rongé par une culpabilité complètement anachronique. J'ai alors demandé à un ami qu'on a en commun de demander à N. si elle accepterait de recevoir une lettre de ma part. Elle a accepté.</source:markdown>
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			<description>En septembre dernier, un événement a bouleversé le cours de ma vie. Jusque-là, j&amp;#39;avais tout fait, inconsciemment ou non, pour éviter cela. C&amp;#39;était un samedi, le jour du match de handball de ma fille et son équipe. Elles jouaient contre mon ancien club, où j&amp;#39;avais passé les meilleures années de ma vie sportive et où j&amp;#39;avais fait de nombreux amis. Mais malgré tout, à l&amp;#39;évocation de ce club, je suis rempli d&amp;#39;un profond sentiment de malaise. D&amp;#39;ailleurs, depuis que mes filles jouent au hand, j&amp;#39;ai toujours tout fait pour éviter d&amp;#39;être présent lors des matchs contre ce club. Du moins jusqu&amp;#39;à ce jour. Ma compagne s&amp;#39;était engagée à assurer le transport pour l&amp;#39;équipe de ma fille, mais elle a eu un empêchement. Les autres parents ne pouvaient pas non plus la remplacer, et toutes les étoiles se sont alignées pour me mettre devant l&amp;#39;obligation d&amp;#39;assurer le transport. J&amp;#39;ai accepté, pris sur moi en me rassurant que cela faisait plus de 20 ans... Une chance, le match avait lieu dans une salle autre que celle historique du club, en cours de rénovation. Cela devenait surmontable. Dans la voiture pour aller au match, ma fille et ses meilleures amies. On se connaît tous bien. Les discussions et les rigolades fleurissent. Une amie taquine ma fille sur ses réticences en matière de relations « sentimentales » en me prenant à témoin. Sans doute pour la mettre mal à l&amp;#39;aise devant moi. Ma fille ne veut pas avoir de relation. Je fais court, mais elle nous explique qu&amp;#39;elle a peur d&amp;#39;être rejetée et préfère donc éviter l&amp;#39;écueil. C&amp;#39;est son choix. Elle me questionne sur mes relations à son âge (16 ans). Je leur raconte avoir, à cet âge, rencontré une personne. Je ne sais pas comment l&amp;#39;expliquer, j&amp;#39;avais déjà eu plusieurs relations avant, mais tout était si différent avec elle. Si simple. C&amp;#39;était devenu une évidence si forte. Je l&amp;#39;aimais. Mon premier amour. On est resté plusieurs mois ensemble. Aujourd&amp;#39;hui, je n&amp;#39;ai pas de souvenirs précis de cette période, je leur ai donc juste dit que je l&amp;#39;avais quittée alors que je l&amp;#39;aimais encore. Cela, je m&amp;#39;en rappelais. Ma fille a sauté sur l&amp;#39;occasion pour justifier sa position : « Si en plus, même quand on aime, on se sépare, là vraiment c&amp;#39;est non... » Arrivés sur place, nous rentrons dans la salle. Tout de suite, j&amp;#39;aperçois de nombreuses têtes connues. Première sensation de malaise. J&amp;#39;espère qu&amp;#39;ils ne me verront pas. J&amp;#39;ai changé en 20 ans, et une énorme barbe estivale me cache. Me voilà rassuré. Je trouve place dans les tribunes, qui font face à l&amp;#39;entrée, et me mêle aux autres parents accompagnateurs. Une personne est entrée en face. En un millième de seconde, je l&amp;#39;ai reconnue. La première sensation est une forte joie. J&amp;#39;étais heureux de la voir. Elle n&amp;#39;avait pas changé. Elle s&amp;#39;est installée dans les tribunes en contrebas. Elle ne m&amp;#39;a pas vu. J&amp;#39;ai tout de suite bloqué. Je n&amp;#39;arrivais pas à me lever pour aller la voir. Complètement bloqué. Ça m&amp;#39;a questionné. Je ne comprenais pas trop ce qui m&amp;#39;arrivait. Le match terminé, je l&amp;#39;ai regardée et ai choisi le meilleur moyen de partir sans attirer son attention. Une fois dans la voiture, sur le chemin du retour, je souffle. Quel soulagement. La vie pouvait reprendre son cours habituel. Cela aurait pu se terminer ainsi, mais malheureusement non. Je ne sais pas comment l&amp;#39;expliquer, mais le visage de N. a agi comme une clé. Une clé qui a ouvert une capsule temporelle. Avant, je n&amp;#39;avais pas de souvenir de cette période, ou du moins des souvenirs très flous, très brumeux. Rien de précis. Mes amis s&amp;#39;étonnaient régulièrement de mon amnésie quand ils questionnaient des souvenirs dont j&amp;#39;étais incapable de me rappeler. La semaine suivante, je bossais sur un document. J&amp;#39;étais dans la phase préparatoire, mais j&amp;#39;étais incapable de travailler. Mon corps était bien présent, figé devant mon écran, mais à l&amp;#39;intérieur, un volcan était entré en éruption. Des souvenirs de l&amp;#39;époque avec N. me revenaient par vagues incessantes, irrésistibles, incontrôlables. Un énorme sentiment de malaise profond m&amp;#39;envahissait. Tout ce que j&amp;#39;avais réussi plus ou moins inconsciemment à oublier jaillissait dans un flot ininterrompu d&amp;#39;images et de sentiments mêlés. J&amp;#39;ai fondu en larmes. Un torrent de tristesse s&amp;#39;est déversé. Le barrage qui jusque-là avait tout retenu venait de rompre. Comment une ancienne histoire d&amp;#39;amour qui s&amp;#39;est terminée de mon propre chef il y a plus de 20 ans peut-elle faire cela ? Pourquoi est-ce si puissant, incontrôlable ? Je suis désemparé par la force qui m&amp;#39;habite. J&amp;#39;ai peur. Ça occupait toutes mes pensées. J&amp;#39;avais beau essayer de me raisonner, je sombrais dans un puit sans fond de remords et de tristesse. La capsule temporelle qui venait de s&amp;#39;ouvrir m&amp;#39;a replongé dans les moments après la rupture. Je revoyais tous les moments où je l&amp;#39;ai croisé. Sa peine de me voir, la tristesse sur son visage. Ça m&amp;#39;a détruit. Mon dieu, que je me détestais. Je me haïssais tellement de l&amp;#39;avoir quittée, de l&amp;#39;avoir fait souffrir. A l&amp;#39;époque, mon auto-détestation m&amp;#39;a empêché de revenir vers elle. Je le comprends aujourd&amp;#39;hui. Je l&amp;#39;ai quitté car j&amp;#39;ai pris peur. La peur, cette mauvaise conseillère, m&amp;#39;a guidé dans ce désastre. J&amp;#39;avais vu mes meilleurs amis de l&amp;#39;époque se faire larguer. Je me suis projeté à leur place et j&amp;#39;ai flippé. Je revois ces questionnements. Je ressens la peur m&amp;#39;envahir. J&amp;#39;aurais bien évidemment dû lui parler. Bien évidemment. Mais j&amp;#39;étais jeune. Je n&amp;#39;ai pas compris à l&amp;#39;époque que cette peur était normale et un bien petit prix à payer tant son acceptation offre de liberté. Avec ma réflexion de l&amp;#39;époque, je n&amp;#39;ai pas réussi à me pardonner ce que j&amp;#39;avais fait. Faire souffrir quelqu&amp;#39;un n&amp;#39;était déjà pas dans mes cordes, mais alors la personne que j&amp;#39;aimais d&amp;#39;un amour si profond... J&amp;#39;ai vrillé. J&amp;#39;ai plongé dans les pires années de ma vie. Impardonnable bourreau. Faiseur de désastre. J&amp;#39;ai plongé si bas ma propre estime. C&amp;#39;est ça qui m&amp;#39;a explosé au visage. Une sorte de syndrome post-traumatique mais version bourreau. La claque. Il m&amp;#39;a fallu plusieurs mois pour m&amp;#39;en remettre. Je me suis pardonné pour ce que j&amp;#39;avais fait. J&amp;#39;ai compris aujourd&amp;#39;hui pourquoi j&amp;#39;avais agi comme cela à l&amp;#39;époque. Oui, j&amp;#39;avais brisé son cœur, le mien, notre histoire, pour des raisons sans nul doute stupides, mais que cela arrivait de se tromper. J&amp;#39;ai alors rédigé une lettre dans laquelle je lui expliquais l&amp;#39;avoir croisé au match et ne pas avoir eu le courage de lui parler, alors que j&amp;#39;aurais aimé prendre de ses nouvelles comme on se croisait par hasard. Que j&amp;#39;étais encore aujourd&amp;#39;hui habité par un sentiment très fort de culpabilité qui me bloquait. Je lui présentais mes excuses pour la manière dont je l&amp;#39;avais quittée. Je vous parlais de mes pires années suite à ma rupture avec N. Elles se sont terminées quelques années plus tard avec la rencontre de C. Nous partageons toujours notre vie. L&amp;#39;amour m&amp;#39;a donné une deuxième chance. Je suis heureux. Je vous dis ça car écrire une lettre d&amp;#39;excuses à N. était une thérapie personnelle, la lui faire suivre m&amp;#39;a questionné. Outre le fait de m&amp;#39;imposer dans sa vie était un véritable point d&amp;#39;arrêt, je n&amp;#39;avais aucune envie de la revoir ou quoi que ce soit d&amp;#39;autre. Mais j&amp;#39;étais rongé par une culpabilité complètement anachronique. J&amp;#39;ai alors demandé à un ami qu&amp;#39;on a en commun de demander à N. si elle accepterait de recevoir une lettre de ma part. Elle a accepté.</description>
			<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 16:53:11 GMT</pubDate>
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Une chance, le match avait lieu dans une salle autre que celle historique du club, en cours de rénovation. Cela devenait surmontable. Dans la voiture pour aller au match, ma fille et ses meilleures amies. On se connaît tous bien. Les discussions et les rigolades fleurissent. Une amie taquine ma fille sur ses réticences en matière de relations « sentimentales » en me prenant à témoin. Sans doute pour la mettre mal à l'aise devant moi. Ma fille ne veut pas avoir de relation. Je fais court, mais elle nous explique qu'elle a peur d'être rejetée et préfère donc éviter l'écueil. C'est son choix. Elle me questionne sur mes relations à son âge (16 ans). Je leur raconte avoir, à cet âge, rencontré une personne. Je ne sais pas comment l'expliquer, j'avais déjà eu plusieurs relations avant, mais tout était si différent avec elle. Si simple. C'était devenu une évidence si forte. Je l'aimais. Mon premier amour. On est resté plusieurs mois ensemble. Aujourd'hui, je n'ai pas de souvenirs précis de cette période, je leur ai donc juste dit que je l'avais quittée alors que je l'aimais encore. Cela, je m'en rappelais. Ma fille a sauté sur l'occasion pour justifier sa position : « Si en plus, même quand on aime, on se sépare, là vraiment c'est non... » Arrivés sur place, nous rentrons dans la salle. Tout de suite, j'aperçois de nombreuses têtes connues. Première sensation de malaise. J'espère qu'ils ne me verront pas. J'ai changé en 20 ans, et une énorme barbe estivale me cache. Me voilà rassuré. Je trouve place dans les tribunes, qui font face à l'entrée, et me mêle aux autres parents accompagnateurs. Une personne est entrée en face. En un millième de seconde, je l'ai reconnue. La première sensation est une forte joie. J'étais heureux de la voir. Elle n'avait pas changé. Elle s'est installée dans les tribunes en contrebas. Elle ne m'a pas vu. J'ai tout de suite bloqué. Je n'arrivais pas à me lever pour aller la voir. Complètement bloqué. Ça m'a questionné. Je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. Le match terminé, je l'ai regardée et ai choisi le meilleur moyen de partir sans attirer son attention. Une fois dans la voiture, sur le chemin du retour, je souffle. Quel soulagement. La vie pouvait reprendre son cours habituel. Cela aurait pu se terminer ainsi, mais malheureusement non. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais le visage de N. a agi comme une clé. Une clé qui a ouvert une capsule temporelle. Avant, je n'avais pas de souvenir de cette période, ou du moins des souvenirs très flous, très brumeux. Rien de précis. Mes amis s'étonnaient régulièrement de mon amnésie quand ils questionnaient des souvenirs dont j'étais incapable de me rappeler. La semaine suivante, je bossais sur un document. J'étais dans la phase préparatoire, mais j'étais incapable de travailler. Mon corps était bien présent, figé devant mon écran, mais à l'intérieur, un volcan était entré en éruption. Des souvenirs de l'époque avec N. me revenaient par vagues incessantes, irrésistibles, incontrôlables. Un énorme sentiment de malaise profond m'envahissait. Tout ce que j'avais réussi plus ou moins inconsciemment à oublier jaillissait dans un flot ininterrompu d'images et de sentiments mêlés. J'ai fondu en larmes. Un torrent de tristesse s'est déversé. Le barrage qui jusque-là avait tout retenu venait de rompre. Comment une ancienne histoire d'amour qui s'est terminée de mon propre chef il y a plus de 20 ans peut-elle faire cela ? Pourquoi est-ce si puissant, incontrôlable ? Je suis désemparé par la force qui m'habite. J'ai peur. Ça occupait toutes mes pensées. J'avais beau essayer de me raisonner, je sombrais dans un puit sans fond de remords et de tristesse. La capsule temporelle qui venait de s'ouvrir m'a replongé dans les moments après la rupture. Je revoyais tous les moments où je l'ai croisé. Sa peine de me voir, la tristesse sur son visage. Ça m'a détruit. Mon dieu, que je me détestais. Je me haïssais tellement de l'avoir quittée, de l'avoir fait souffrir. A l'époque, mon auto-détestation m'a empêché de revenir vers elle. Je le comprends aujourd'hui. Je l'ai quitté car j'ai pris peur. La peur, cette mauvaise conseillère, m'a guidé dans ce désastre. J'avais vu mes meilleurs amis de l'époque se faire larguer. Je me suis projeté à leur place et j'ai flippé. Je revois ces questionnements. Je ressens la peur m'envahir. J'aurais bien évidemment dû lui parler. Bien évidemment. Mais j'étais jeune. Je n'ai pas compris à l'époque que cette peur était normale et un bien petit prix à payer tant son acceptation offre de liberté. Avec ma réflexion de l'époque, je n'ai pas réussi à me pardonner ce que j'avais fait. Faire souffrir quelqu'un n'était déjà pas dans mes cordes, mais alors la personne que j'aimais d'un amour si profond... J'ai vrillé. J'ai plongé dans les pires années de ma vie. Impardonnable bourreau. Faiseur de désastre. J'ai plongé si bas ma propre estime. C'est ça qui m'a explosé au visage. Une sorte de syndrome post-traumatique mais version bourreau. La claque. Il m'a fallu plusieurs mois pour m'en remettre. Je me suis pardonné pour ce que j'avais fait. J'ai compris aujourd'hui pourquoi j'avais agi comme cela à l'époque. Oui, j'avais brisé son cœur, le mien, notre histoire, pour des raisons sans nul doute stupides, mais que cela arrivait de se tromper. J'ai alors rédigé une lettre dans laquelle je lui expliquais l'avoir croisé au match et ne pas avoir eu le courage de lui parler, alors que j'aurais aimé prendre de ses nouvelles comme on se croisait par hasard. Que j'étais encore aujourd'hui habité par un sentiment très fort de culpabilité qui me bloquait. Je lui présentais mes excuses pour la manière dont je l'avais quittée. Je vous parlais de mes pires années suite à ma rupture avec N. Elles se sont terminées quelques années plus tard avec la rencontre de C. Nous partageons toujours notre vie. L'amour m'a donné une deuxième chance. Je suis heureux. Je vous dis ça car écrire une lettre d'excuses à N. était une thérapie personnelle, la lui faire suivre m'a questionné. Outre le fait de m'imposer dans sa vie était un véritable point d'arrêt, je n'avais aucune envie de la revoir ou quoi que ce soit d'autre. Mais j'étais rongé par une culpabilité complètement anachronique. J'ai alors demandé à un ami qu'on a en commun de demander à N. si elle accepterait de recevoir une lettre de ma part. Elle a accepté.</source:markdown>
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